Cadenassage forcé?
Le cadenassage forcé
Une erreur de cadenassage peut souvent être fatale. C'est pourquoi on fait généralement une deuxième vérification ou contrôle pour voir si tout a bien été cadenassé. Ne serait-il pas bien si on pouvait obliger ou forcer nos employés à suivre une procédure de cadenassage à la lettre, sans se tromper? Oui c'est possible, et c'est ce dont on nous allons parler: "le cadenassage forcé".
Pourquoi forcer une procédure?
Pourquoi voudrait-on forcer quelqu'un à cadenasser ou à suivre une procédure de cadenassage? Il y a plusieurs raisons. Mais la première et la plus importante: assurer la sécurité des personnes en situation de très haut risque où une simple erreur ou un oubli peut être fatal. Comme vous le savez, malgré les étapes et les procédures rigoureuses longuement réfléchies à l’avance, il est quand même impossible de s’assurer qu’une procédure de cadenassage sera respectée dans les moindres détails. C'est ce qui explique la situation où, on ne sait pour trop quelle raison, une machine a été mal cadenassée et il en résulte une erreur humaine! Peut-être que, pour cette fois seulement, la séquence de cadenassage ou de décadenassage a été mal suivie. On a peut-être même cadenassé à côté d'une valve importante, voir sur la mauvaise valve et vous vous doutez de ce qui a pu en résulter. Oui, car le geste d'apposer un cadenas demeure une action volontaire. La deuxième raison pour laquelle le cadenassage n'est pas à prendre à la légère, ce sont les lois qui facilitent les poursuites criminelles contre les employeurs à la suite d'accidents graves si les mesures n'ont pas été prises pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs. Les poursuites pourraient toucher tous les intervenants impliqués, de l’administrateur aux superviseurs, les sous-traitants, et même les employés qui ont fait preuve de négligence. Donc, comment faire pour que ce processus soit effectué selon les séquences pré-établies et ainsi éviter les erreurs ou la négligence humaine?
Les procédures de cadenassage peuvent être contournées intentionnellement, ou tout simplement omisent ou oubliées. Le cadenas peut être enlevé prématurément avant même que les travaux sur l'équipement en question ne soient terminés! Mais pas dans le cas de l'interverrouillage forcé.
Mais qu'est-ce que l'interverrouillage et l'interverrouillage forcé? Le principe est simple, logique et efficace. Il s’agit d’un mariage de verrous (de type KIRK INTERLOCK, RONIS ou autre) fixés de façon permanente au point de verrouillage sur l'équipement. Les clés des verrous s’obtiennent une à une et sont dirigées vers des verrous de transfert. Autrement dit, la clé que vous insérez dans un verrou de transfert sert uniquement à en libérer une autre et, partant de là, vous obtenez une ou des clés qui, selon les séquences, finira par vous forcer ou vous obliger à faire une procédure dans l’ordre pré-établi à l’avance par le préventionniste. Il s’agit d’un système très hermétique.
Comment ça fonctionne
Voici comment ça fonctionne (voir la figure #1): l faut d'abord constater que les clés des verrous A et B sont prisonnières de leur serrure respectives tant qu'elles ne seront pas verrouillées. Dans cette position seulement, la clé sera libérée pour être ensuite insérée dans le verrou de transfert. Lorsque les clés A et B se retrouvent simultanément insérées dans le verrou de transfert et ensuite tournées, à ce moment, la clé C peut maintenant être libérée et enfin donner accès à la serrure du local où l’on veut effectuer des travaux en toute sécurité. Si le travailleur veut réparer, débloquer ou ajuster son équipement, il n'aura d'autre choix que de respecter les séquences de la procédure d'interverrouillage. Il y sera forcé… D'où le terme "cadenassage forcé".
Figure #1

L'interverrouillage n'est pas une solution économique, mais très sécuritaire. Les gens qui auront à faire la gestion et l'acquisition des produits en ce domaine auront peut-être à décider entre un investissement important dans l'infrastructure de leur sécurité dès aujourd'hui, ou bien de payer plus tard en primes élevées en SST, en amendes salées ou même par de lourdes peines d'emprisonnement. Cela vaut la peine de s'y attarder!
Voici un exemple de verrouillage de type KIRK INTERLOCK:
1) Pour pouvoir effectuer les travaux une la pièce d'équipement, il faut d'abord verrouiller la valve d'un gaz toxique. Il a été nécessaire de machiner des pièces directement fixé à l'équipement, et modifier la poignée de la valve pour qu'elle ne se verrouille qu'en position fermé (elle ne peut être verrouillée en position ouverte). Une fois la serrure interlock verrouillée, elle libère la clé qui était auparavant coincée dans la serrure.
(Cliquer sur l'image pour plus de détails)
2) La clé libérée permet de verrouiller le sectionneur uniquement en position énergie zéro. Une fois verrouillé, une deuxième clé via le boitier de transfert fixé à même la serrure se libère et permettra de déverrouiller l'accès à la pièce d'équipement.
3) La clé libérée donne accès à la pièce d'équipement via une porte piétonnière. Ce n'est qu'une fois les travaux terminés que la clé se libèrera de la serrure pour actionner de nouveau le sectionneur et, par la suite, la valve. L'intervenant peut travailler sans le soucis de se faire intoxiquer ou électrocuter.


